Ce pape nous a laissé des textes philosophiques remarquables, comme sa conférence de Ratisbonne. Il y explique que l’Europe est née de la confluence entre la spiritualité biblique et le questionnement grec. Cet héritage est aujourd’hui remis en question. La foi se déshellénise pour ne devenir qu’un vague message philanthropique. Quant à la raison elle-même, elle oublie le sens et se réduit à la méthode. L’Europe risque ainsi de perdre son âme.
Benoît XVI évoque, au début de cette conférence, la diffusion de la foi par l’épée dans l’Islam. Des musulmans ont protesté avec une violence qui lui donnait raison. D’autres ont choisi de lui répondre. Et c’est très bien, une querelle théologique vaut mieux qu’un dialoque interculturel qui ne serait que la mise en commun des fêtes, des cuisines et des musiques. Et puis il ne faut pas se tromper d’époque : le christianisme est en position de faiblesse. Il est persécuté en Orient et ridiculisé dans les sociétés occidentales. « Papus interruptus », a-t-on pu lire. Face à la grandeur de cette abdication, c’est pourtant la dérision qui est dérisoire
-Alain Finkielkraut
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